Génèse & Essor
À la fin des années 1990, sous l’impulsion du musicologue Jean Duron, alors directeur de l’Atelier d’études du Centre de musique baroque de Versailles et directeur artistique de l’Automne musical, l’idée de constituer un véritable fonds d’archives sonores s’impose progressivement comme une nécessité. À l’échelle nationale comme internationale, la conservation des grandes productions musicales issues des travaux de recherche apparaît désormais comme un enjeu patrimonial majeur.
Au-delà du rayonnement propre au Château de Versailles, il devient indispensable de préserver les nombreuses recréations et reconstitutions d’œuvres anciennes réalisées par le Centre de musique baroque de Versailles. Ces productions exceptionnelles, souvent rendues possibles par plusieurs années de recherches musicologiques, demeurent rarement reprises en raison des moyens artistiques et financiers qu’elles mobilisent.
À cette époque, les radios publiques et les maisons de disques constituent les principaux acteurs de la diffusion et de la conservation de cette mémoire sonore. Malgré les efforts constants déployés par Vincent Berthier de Lioncourt, directeur général du Centre de musique baroque de Versailles, une part importante de ces productions ne trouve cependant pas sa place dans les programmations des diffuseurs. Les solutions privées envisagées s’avèrent, quant à elles, financièrement inaccessibles.
C’est de ce constat que naît, en 2001, l’Atelier d’Euterpe. Sa mission initiale consiste à assurer la sauvegarde patrimoniale des productions inédites du Centre de musique baroque de Versailles et à constituer progressivement un fonds documentaire destiné à leur conservation et à leur transmission.
Au fil des années, les compétences acquises par l’association, tant sur le plan artistique que technique, lui permettent d’élargir progressivement son champ d’action.
En 2004, à la demande de jeunes artistes-musiciens, l’Atelier d’Euterpe crée une première saison consacrée à la musique romantique à la Salle André Marchal de l’Institut National des Jeunes Aveugles, à Paris.
En 2006, l’association engage une collaboration avec le Festival Baroque de Pontoise, participant ainsi à la diffusion du patrimoine musical auprès d’un public toujours plus large.
À partir de 2010, Hervé Burckel de Tell, directeur général du Centre de musique baroque de Versailles, confie à l’Atelier d’Euterpe une mission de numérisation de l’ensemble du fonds d’archives sonores du Centre, afin d’en assurer la conservation à long terme et d’en faciliter la diffusion.
Ces collaborations seront progressivement complétées par des partenariats avec le Ministère de la Culture, le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française, puis, à partir de 2012, avec la Mairie du 7ᵉ arrondissement de Paris.
En 2015 et 2016, l’Atelier d’Euterpe conduit la Commémoration nationale Claude Montal (1800-1865), consacrée au premier facteur de pianos aveugle et fondateur, en 1836, de la première classe d’accord-facture de pianos au monde.
Parallèlement à ces actions conventionnées, l’association accompagne de nombreux projets de recherche consacrés au patrimoine musical et organologique français, ainsi que des initiatives portées par des artistes, des chercheurs et des facteurs d’instruments.
En savoir plus… Événements
Thierry Géroux, décembre 2016
En 2019, l’installation de ses fondateurs dans le Berry ouvre une nouvelle étape de son développement. Les activités de l’Atelier d’Euterpe trouvent alors un nouvel ancrage territorial avec la création de l’Orangerie du Grand Manay, qui prolonge ses missions dans le domaine de la diffusion de la musique classique — avec une attention particulière portée au répertoire romantique —, du développement culturel en milieu rural et de l’inclusion des personnes en situation de handicap.
Juillet 2026



